Conteur depuis toujours...

"Je n'ai jamais appris à raconter les histoires. Pourtant je n'ai fait que ça dans ma vie." A part les petits boulots et deux années d'études en architecture, Tsvika a toujours baigné dans le conte, aussi loin qu'il se souvienne. Sa mère lui racontait des histoires en préparant le repas et l'imaginaire de l'enfant partait ainsi en voyage à chaque bouchée, bercé par les "Il était une fois" des histoires yiddish.

Devenu grand, il garde son diminutif d'enfant, Tsvika, le petit cerf, en hébreu, et l'âme qui va avec. Son vrai nom, Lionel Brotjman, devient presque un pseudonyme, seulement utile pour l'état civil. Il y a 25 ans, le conteur aux cheveux longs et à la barbe hirsute, qui n'a jamais pris un cours de théâtre de sa vie, parcourt alors les bibliothèques et les MJC pour porter la bonne parole. Vêtu d'un boubou africain en guise de costume de scène, il compte bien vivre de sa faconde haute en couleurs, et donner vie à un univers onirique, peuplé d'elfes et de sorcières, de fées et de loups. Comme au moment où, dans les contes, on bascule dans l'univers fabuleux, le conteur est pour lui "la dernière limite entre le monde matériel et le mystique". Comme le colporteur distillant les nouvelles de villages en villages, le conte et ses codes, c'est une courroie de transmission, un message à délivrer.