Et, maintenant comment vais-je faire dans ma classe ?

Bien sûr il y a plusieurs méthodes.
On peut utiliser les squelettes classiques, que nous proposent les livres sur la structure du conte et remplir des cases.
Mais, cela sert-il vraiment à quelque chose ?

Pour ma part voilà comment je procède avec les enfants, (mais en fait, avec les adultes aussi).
J’interviens, tout d’abord, bien sûr, comme conteur.
A notre première rencontre, je leur présente un spectacle de contes (aucun n’est traditionnel : ils sont presque tous de ma création).
Puis selon les projets, deux possibilités s’offrent à moi : travailler à partir d’un thème ou créer un « puzzle ».


1) A partir d’un thème : l’eau par exemple

Il s’agira, avec les enfants, avant d’inventer quoi que ce soit, de travailler sur le thème de l’eau : où en trouve-t-on ? Ses différentes natures : pure, salée, son trop plein (la mer), son absence (le désert…).
Puis, à partir de ces éléments, nous bâtirons des images.
Exemples : la mer (eau salée) peut être les larmes d’un géant (ainsi apparaît notre premier personnage).
Et là, commence l’enquête : pourquoi pleure-t-il ? etc…
En n’oubliant jamais, que dans les contes, à part le héros (dont nous n’avons pas encore parlé ici), les personnages sont des traits de « caractère ».
Si nous avions, ici une fée… nous aurions, ailleurs, une sorcière, etc…
Quand apparaîtra le héros ?
Quand nous aurons compris ce qui se passe dans le corps central de notre histoire.

Il serait intéressant d’envisager deux ou trois matinées pédagogiques avec les instituteurs, pour d’une part les aider à manipuler le langage symbolique et poétique et d’autre part, pour qu’ils puissent l’utiliser dans leur cadre professionnel (classe et BCD).


2) Le puzzle

Les enfants donnent des idées.
Exemples : chien, enfant, fleur, forêt, etc…
Comment allons-nous mettre tous ces éléments ensemble ? (Et, nous devrons le faire, bien sûr, avant de commencer l’histoire, car tout dépend d’eux).

Essayons…
Exemple : un enfant, perdu dans la forêt, peut avoir à cueillir une fleur magique gardée par un chien…

A LA CRECHE : « J’ECOUTE AVEC LES YEUX »

Venir (et) raconter… à un ou à plusieurs, mais jamais à beaucoup d’enfants à la fois (cinq ou six).
Il s’agit pas ici de « spectacle »… mais plutôt d’habituer l’enfant à l’école de sons qui sont aussi des mots qui disent, qui racontent « une histoire », (bien entendu, très courte).

Préparation… faire attention à la lumière, pour ne pas se blesser les yeux, mais aussi au son pour apprivoiser l’oreille, l’accoutumer à la musique (autre mot… autre son).

Le conte est pris, ici, comme une berceuse, une ritournelle apaisante, un moyen de se (re) poser après les tourments du jour ou les rêves de la nuit.

« Et, doucement la voix s’atténue, les sons s’adoucissent, les mots s’arrondissent ».

Déroulement… à chaque rencontre, un petit conte sera dit ou une comptine chantée.
Par ailleurs, il pourra être envisagé d’organiser un stage avec le personnel éducatif et les parents (crèche familiale) autour du conte et de sa finalité, mais aussi sur la manière de coucher un bébé à la crèche… comme à la maison.
(sur le contenu du stage voir « A moi, conte deux mots »).

A LA MATERNELLE : « DES SONS, DES MOTS, DES COULEURS, DES FORMES »

A la petite section : comme à la crèche : « J’écoute avec les yeux »
A la moyenne et grande section :
« Des sons, mais aussi des mots, des couleurs, mais aussi des formes »
(Neuf séquences par groupe ou classe, si possible diviser le groupe classe en deux).

Première rencontre : un spectacle de contes d’une trentaine de minutes (ci-joint les documentations des spectacles)

« Des sons, mais aussi des mots »
De la seconde à la cinquième rencontre : invention du conte
A la moyenne section, l’écriture sera faite par le conteur et l’animateur-instituteur, selon une règle pré-établie en partant du principe que si l’autre ne sait pas (encore) écrire, je le ferais à sa place, je lui lirais les mots ainsi dessinés.
En quatre séances, nous aurons inventé le conte.
(Méthode dans « A moi conte deux mots » : thème ou puzzle)


« Des couleurs, mais aussi des formes »
De la sixième à la neuvième rencontre : nous dessinerons
Première étape : nous illustrerons le conte au sens traditionnel du terme (dessin pris ici comme redondance).
Deuxième étape : nous raconterons le conte en couleur (couleur, tendresse, rage, peur, colère, etc…)
Troisième étape : nous raconterons le conte en image.
La préparation se fera à l’aide d’un livre que l’animateur-instituteur aura déjà eu le loisir d’utiliser avant la venue du conteur.
Nous envisagerons au cours de l’animation, une correspondance postale :
1)correspondance avec des couleurs
2)correspondance avec des signes
3)correspondance avec leurs premiers mots et, ceci, tout au long de l’animation.
               
Puis le conte sera écrit en vers, non comme de la poésie, mais plutôt à l’image des     
comptines, pour en faciliter la mémorisation.
L’ensemble de ces contes ou comptines sera publié.
La maquettiste viendra aux enfants pour leur montrer la manière dont elle procède   
pour faire la plaquette qui permettra de réaliser définitivement le livre.

Sortie du livre : vernissage, exposition, etc…

NOUS AU PRIMAIRE ET AU SECONDAIRE « JE DESSINE DES MOTS, JE PEINS DES COULEURS, JE  VOUS RACONTE UNE HISTOIRE

(Animation-composition en vue de l’invention, puis de l’écriture d’un conte, pour la réalisation d’un livre)

12 séquences d’une heure, par groupe ou classe.

Première séquence :
  . Spectacle de conte, par le conteur.

Deuxième séquence :
    . Explication de l’animation
    . Répondre aux questions des enfants.
    . Puis étude symbolique (j’insiste, il ne s’agit bien sûr, pas d’autre chose) d’un conte traditionnel, le Petit Poucet, par exemple.

Troisième à sixième séquence :
  . Invention du conte
    Deux possibilités s’offrent à nous :
            * Le thème
            * Le puzzle

Le thème a ceci d’intéressant qu’il donne une ligne générale au livre.
Le puzzle, de jouer plus directement avec les idées, les propositions des enfants.

Je leur expliquerai qu’il s’agit, pour eux, d’inventer un conte, non une histoire, que mon rôle est celui d’un compositeur, je veux dire de les aider seulement à faire un conte,dans ce cas précis.
Nous prendrons les idées de tous les enfants que nous noterons au tableau ou sur de grandes feuilles.
Ensuite, nous tenterons de les associer, sans rien ne laisser de côté. Mais, nous n’oublierons jamais que nous inventons un conte (et, un conte a des règles).
Puis, nous déroulerons l’histoire avec tous les éléments que nous ne pourrons dès lors changer.
Au bout de la 6ème séquence, nous aurons une trame définitive.
Alors, pourra commencer le travail d’écriture.

De la septième à la douzième séquence :
. L’écriture
  Sur de grandes feuilles, nous noterons l’ensemble de la trame.
  Puis, on divisera la classe, en groupes de trois à quatre participants.
  Chaque groupe aura une partie de contes à écrire, puis une autre etc…en vers.

    Au bout de la douzième séquence, nous aurons un texte prêt à être imprimé.
    Alors, pourra commencer le travail d’illustration.



« Des couleurs, mais aussi des formes »
De la sixième à la neuvième rencontre : nous dessinerons
Première étape : nous illustrerons le conte au sens traditionnel du terme (dessin pris ici comme redondance).
Deuxième étape : nous raconterons le conte en couleur (couleur, tendresse, rage, peur, colère, etc…)
Troisième étape : nous raconterons le conte en image.
La préparation se fera à l’aide d’un livre que l’animateur-instituteur aura déjà eu le loisir d’utiliser avant la venue du conteur.
Nous envisagerons au cours de l’animation, une correspondance postale :
1)correspondance avec des couleurs
2)correspondance avec des signes
3)correspondance avec leurs premiers mots
                  Et, ceci, tout au long de l’animation.
               
                  Puis le conte sera écrit en vers, non comme de la poésie, mais plutôt à l’image des     
                  comptines, pour en faciliter la mémorisation.
                  L’ensemble de ces contes ou comptines sera publié.
                  La maquettiste viendra aux enfants pour leur montrer la manière dont elle procède   
                  pour faire la plaquette qui permettra de réaliser définitivement le livre.

                Sortie du livre : vernissage, exposition, etc…